Meritxell Claverol, le papier recomposé

L'artiste Meritxell Claverol autour de ses oeuvres en papier mâché

L'artiste Meritxell Claverol autour de ses oeuvres en papier mâché

Meritxell Claverol, Espagnole installée à Los Angeles, a travaillé pendant près de vingt ans comme designer dans la mode. Mais au fil du temps, comme beaucoup de créatifs, elle s’est éloignée du contact direct avec la matière et du travail manuel. La production de plus en plus effrénée et les “sustainability” brandis à tout va pour des raisons marketing ont fini par entrer en contradiction avec ses valeurs.

Élevée à la campagne, entourée d’animaux et de nature, elle souhaitait renouer avec cet ancrage qu’elle avait connu enfant. Pendant le Covid, elle prend le temps de réfléchir. Elle aime la céramique, en fait beaucoup, mais le milieu est peut-être déjà trop saturé. C’est décidé : son retour à la matière passera par le papier mâché.

Meritxell Claverol dans son atelier à Los Angeles

Elle se donne un an pour apprendre et expérimenter la technique, grâce à de nombreux tutoriels sur Internet, dont ce site qui l’a beaucoup accompagnée et qui pourrait vous intéresser si, comme moi, son travail vous a donné envie de mettre la main à la pâte.

Quelques années plus tard, voilà que Meritxell Claverol transforme des déchets - journaux, emballages, cartons - dont tout le monde se fiche en œuvres d’art dont tout le monde raffole.

Meritxell Claverol

Avec Meritxell Claverol, un journal médiocre devient un objet remarquable, un carton Amazon, un totem coloré. Vous contemplez une œuvre d’art, mais vous regardez aussi l’emballage d’un liquide vaisselle ! Un contraste amusant, qui nous invite à reconsidérer ce qui nous entoure. Elle aime d’ailleurs se définir comme “artisan of the overlooked”, artisane de ce qu’on néglige à force de trop voir.

Lampe en papier mâché

Meritxell Claverol en dessous de sa lampe en papier mâché

“Ce lustre a été réalisé début 2025, après un voyage à Venise où j’ai visité l’un de mes ateliers de verre préférés : les Berengo Studio. J’ai été fascinée par leur expertise et par les formes vintage des chandeliers en verre de Murano. Ce que je préfère, c’est leur structure, faite à partir d’une multitude de bras qui s’assemblent au fur et à mesure.”

Certaines de ses pièces sont chargées d’histoires, au sens propre du terme. Faites à partir de journaux, elles contiennent les nouvelles d’hier et les récits d’aujourd’hui.Je prends les histoires du jour, je les broie et j’en fais quelque chose qui dure.” Ce passage de l’éphémère au durable, c’est ce qui plaît à Meritxell Claverol. Ça lui fait même du bien, comme si elle avait l’impression de prendre le contrôle sur le flux d’informations qui se déverse sur nous chaque jour. D’ailleurs, ses vases ou coupelles contiennent déjà tellement de couches et de récits, qu’il n’est pas nécessaire de les remplir : elles se suffisent à elles-mêmes.

Créer de la fraîcheur et de la joie à partir d’une technique nostalgique : check.

“Cette sculpture marque mon évolution du monde de la mode vers celui de l’art. Les motifs circulaires sont une réinterprétation d’un patron de jupe. Je viens d’un univers de production où tout doit être coupé et cousu avec une précision mécanique, et je retrouve cette exigence dans cette pièce. Sa réalisation m’a demandé un nombre considérable d’heures, surtout pour concevoir ces patterns de formes arrondies.”

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